Adapter mon projet, mon logement, mon terrain

Adapter au débordement - Adapter au ruissellement


Les aménagements et travaux de protection des propriétés privées face aux inondations ont le vent en poupe ces dernières années. Complémentaires aux autres mesures de lutte contre le phénomène, ils s’avèrent très utiles pour diminuer les dégâts au niveau des maisons et jardins.

Les techniques et matériaux ont beaucoup évolué et des solutions innovantes existent pour protéger son « chez soi » de la montée des eaux.

Premièrement, il existe les techniques dites « hors d’eau ». Ces dernières visent à empêcher l’eau d’entrer à l’intérieur de la maison. On peut par exemple protéger les baies exposées aux risques d’entrée d’eau avec des barrières anti inondations professionnelles, communément appelées batardeaux. De plus, il y a presque toujours lieu de protéger le réseau d’évacuation des eaux usées pour éviter tout refoulement. On installera alors des clapets anti retour dont l’efficacité est prouvée. Des travaux de maçonnerie seront également souvent nécessaires : reboucher des fissures, monter un muret de protection, poser un enduit hydrofuge sur le bas de murs extérieurs, protection des soupiraux et vides sanitaires, cuvelage de caves,…
                      
Deuxièmement, on retrouve les techniques d’adaptation. Celles-ci ont pour objectif de diminuer les dégâts  lorsque l’on ne peut pas empêcher l’eau d’entre dans le bâtiment mais également pour faciliter le retour à la normale après la crue.  Il s’agit donc ici de penser bien choisir des matériaux utilisés : privilégier les enduits à la chaux hydraulique pour les murs intérieurs, les sols en carrelage, les menuiseries métalliques. Par ailleurs, on peut aussi citer dans cette partie tous les aménagements visant à protéger les objets de valeur, l’électroménager, les meubles de valeurs…

 

Adapter mon projet, mon logement à l'inondation par débordement

L'inondation par débordement répond à une séquence généralement bien connue liée à la crue du cours d'eau. Adapter son projet est avant tout une question d'implantation en termes de distance et de hauteur par rapport au lit de la rivière, du ruisseau. Des règles existent pour la construction en zone inondable, notamment afin de ne pas soustraire de volume de stockage potentiel à cette zone d'expansion naturelle de l'eau en cas de crue. Il est donc vivement recommandé de s'informer auprès du gestionnaire du cours d'eau avant tout projet.

En ce qui concerne l'adaptation des bâtiments et des abords, le SPW Territoire, Logement, Patrimoine, Énergie a édité un guide pour réduire la vulnérabilité des constructions existantes face aux inondations :

 

Guide_DGO4_ReductionVulnerabilite.png
 

Adapter mon projet, mon logement, à l'inondation par ruissellement

L’inondation par ruissellement est très différente de l’inondation par débordement du cours d’eau. Le ruissellement est lié aux orages ou aux pluies intenses de longue durée ou encore à une fonte rapide de la neige. Il apparaît dans des petites dépressions du terrain, des vallons secs, à proximité de fossés, qui n’ont pas forcément connu d’inondation depuis de nombreuses années. Cela rend la prise de conscience du risque d'inondation par ruissellement plus compliquée que si le projet est au bord d'une rivière toujours bien visible. De plus, à la différence d'une rivière dont la position change très peu au cours du temps, le trajet exact du ruissellement peut varier en fonction de petits éléments du terrain, comme la présence d’un muret, une ouverture dans une haie, la modification du relief du sol, etc. Cette contrainte s’avère également une opportunité pour les auteurs de projet : pour gérer le risque de ruissellement, il est envisageable de dévier les écoulements sur le terrain, de manière à protéger le projet, et en prenant soin de ne pas aggraver les servitudes des terrains voisins.

Le principe de construction en zone soumise à un risque naturel d'inondation par ruissellement est le suivant :

  1. Ne pas faire obstacle au ruissellement naturel, en d’autres termes, accepter le ruissellement arrivant sur les parcelles et ne pas le dévier vers les parcelles voisines, implanter les bâtiments hors de la zone de ruissellement ou guider les eaux de ruissellement (de préférence en surface, p.ex. chenal enherbé, fossé) tout en ne déviant pas le ruissellement de son trajet naturel en aval.
  2. Laisser libre les zones de stockage naturel et de passage naturel de l’eau, càd ne pas remblayer à l’endroit de passage du ruissellement (pas de mise sous canalisation), compenser toute zone de rétention naturelle éventuellement remblayée par un volume au moins équivalent à proximité immédiate.
  3. Maîtriser l’écoulement supplémentaire lié à l’imperméabilisation de surfaces, pour ne pas créer ou augmenter des problèmes d’écoulement en aval ; par exemple, en temporisant les eaux recueillies des surfaces imperméabilisées ; et d'une manière générale, minimiser les surfaces imperméables.

Le SPW ARNE - Cellule GISER a édité un vademecum qui reprend les principes pour adapter son projet d'urbanisme à l'inondation par ruissellement. Un autre document à portée plus large reprend un ensemble de techniques pour gérer le ruissellement en zone rurale.

Pour protéger votre bâtiment existant, vous retrouverez une série de recommandations dans les pages dédiées à la gestion du ruissellement naturel..

 

urbanisme_inondation_5.JPG
urbanisme_inondation_4.JPG
urbanisme_inondation_7.JPG
urbanisme_inondation_6.JPG